Discours de Jean-Léonce Dupont à l'Union amicale des maires le6 novembre 2017.

Assemblée générale de l'Union amicale des maires du Calvados (UAMC)

Discours prononcé par Jean-Léonce Dupont le 6 novembre 2017 au Centre des Congrès à Caen à l'occasion de l'assemblée générale de l'UAMC.

lundi 06 novembre 2017
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Monsieur le Préfet du Calvados et les membres de l'Administration Préfectorale,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Sénateur Bizet, Président de la Commission des Affaires Européennes du Sénat, Cher Jean,
Monsieur le Président de Région, Cher Hervé,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux et Départementaux,
Monsieur le Président de l'UAMC, Cher Ambroise,
Monsieur le Maire de Caen et Président de Caen-la-Mer, Cher Joël,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Chambres Consulaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents d'Intercommunalités,
Mesdames et Messieurs les Maires, Maires-Délégués,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Communautaires et Municipaux,
Mesdames et Messieurs les Directeurs,
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, en premier lieu, vous remercier, Monsieur le Président, Cher Ambroise, de donner, à l'occasion de ce rendez-vous, la parole au Département, dans un timing de cette matinée, que je sais ô combien précis, tant le temps vous est compté.

Rassurez-vous, j'essayerai d'être bref, en commençant peut-être par vous dire justement ce que je ne développerai pas ce matin !

Non, je ne suis pas là, pour vous parler, une nouvelle fois, des aides du Département aux territoires. Nous avons eu, ces derniers mois, bien des occasions d'échanger à ce sujet et de vous présenter notre réforme. Nous aurons signé, d'ici la fin de l'année, les deux tiers des Contrats de Territoire.

Non, je ne suis pas là, ce matin non plus, pour évoquer, une fois encore, le jeu de Lego territorial auquel nous avons assisté ces derniers mois. Beaucoup de bouleversements pour vos communes.

Et, je sais le temps passé, à rebâtir, brique par brique, les nouvelles intercoms, au gré des fusions ou des rapprochements de communes, et je vous en félicite.

Je ne suis pas persuadé, au final, que tout cela réduise les facteurs de complexité ou apporte une meilleure vision du développement dans le futur, une meilleure lisibilité de l'action territoriale pour nos concitoyens.


Mais, ce dont je suis certain, par contre, c'est que le Département est resté, dans ce paysage neuf, un point fixe, à votre écoute, disponible, surtout pas immobile, pour vous accompagner dans les missions qui sont les vôtres, dans cette période de totale remise en question, parfois même d'interrogations, dans tous les cas, de challenges à relever.

Le Département est toujours là, bien en mouvement, pour continuer de construire sur ce nouveau socle territorial mouvant, et il faut s'habituer à une nécessaire agilité permanente au changement.
        
Je ne vous parlerai pas, non plus, des baisses de dotations, ni de leurs conséquences sur l'élaboration de nos budgets à venir.

Alors, pourquoi me direz-vous, suis-je venu, très fidèlement, comme chaque année ?

Eh bien, je suis plutôt là pour, une fois n'est pas coutume, prendre le temps de poser un regard sur votre Calvados, sur notre Calvados, sur ce qu'est le Calvados aujourd'hui, au cœur de cette grande Normandie, chère à tous.

Vous le savez, notre Département représente approximativement un pour cent de la France. C'est une référence communément admise dans toutes les études ou les indicateurs nationaux.
C'est en quelque sorte, et je ne suis pas le seul à le penser, un concentré de "Petite France".

On dit volontiers que c'est un territoire où il fait bon vivre ; le bien vivre ensemble est, en effet, souvent mis en avant. Notre Département est fait d'une somme de petites et grandes choses que nous avons, au fil des années, bâti ensemble, dans une relation faite de proximité, de confiance partagée, d'accompagnement de projets.

C'est bien de cela dont je suis venu vous parler ce matin, et de cet avenir prometteur que nous travaillons, à force de convictions, de décisions, d'orientations, d'écoute de chacun d'entre vous, de travail dans le respect mutuel des uns et des autres, à force également de beaucoup de passions et d'engagements.

Cet avenir ne vaudra que si nous sommes, tous ensemble, audacieux, et j'insiste sur ce terme ; audacieux dans notre volonté commune d'entreprendre aux quatre coins du département avec un objectif premier, celui de la qualité du service public rendu à nos concitoyens.

 

Dans ce constat d'un département où globalement et même si tout n'est pas parfait, il fait bon vivre, se cache peut-être une interrogation : comment forger l'identité du Calvados de demain, au regard de paramètres nouveaux comme l'évolution de nos territoires, au regard des grands sujets de société qui s'imposent à nous, au regard des attentes nombreuses de nos concitoyens ?

Je pense qu'une des réponses possibles réside dans ce que l'on appelle notre attractivité, autre grand sujet qui doit retenir notre attention.

Une attractivité qui doit s'apprécier et se comprendre en élargissant notre cadre d'intervention au-delà du seul aspect touristique, je pense au domaine de la santé ou à l'économie, à tous ces paramètres qui contribuent à mettre nos territoires en mode "compétitivité".

Comment rendre en effet encore plus attractifs, au sens large du terme, notre département, nos territoires, notre agglomération capitale, nos pôles d'équilibre et leurs villes, nos intercommunalités, nos désormais communes nouvelles et nos villages ?

 

Pour répondre encore plus à cette question d'attractivité, je crois qu'il est nécessaire de prendre un peu de recul, de regarder nos indicateurs de succès, là où nous sommes efficients, mais aussi de nous comparer à d'autres pour identifier certes nos forces, mais aussi nos quelques rares faiblesses !

Et, très vite, on s'aperçoit que des indicateurs qui nous font justement nous comparer à d'autres départements de France, nous donnent de bonnes raisons d'espérer.

Ainsi, apprend-on que Caen est la 11e ville de France où il fait bon vivre ou encore que Deauville est la 3e ville balnéaire française pour son dynamisme commercial ou enfin que Bayeux se classe parmi les 14 villes de France dont le taux de vacance des commerces et inférieure à 5 %, de manière constante depuis 2001, qu'ailleurs dans le Virois, une entreprise est leader sur son marché, que nous sommes aussi traversés par un itinéraire cyclable exemplaire, que nos acteurs du tourisme sont souvent dans la lumière, avec un territoire qui résiste plutôt bien, saison après saison ; que globalement, il règne chez nous, un art de vivre, bien réel et apprécié, à l'image des couleurs de nos villages fleuris ou de caractère.

 

Et, d'ailleurs au risque d'être un brin provocateur, si je vous posais la question : quels sont ceux qui serez prêts à quitter le Calvados pour un autre département ? (Levez la main !).

Voilà, c'est tout cela qu'il faut avoir en tête pour penser le Calvados de demain.

Au Conseil Départemental, nous en avons bien conscience et c'est pour cela que nous avons, ces derniers mois, travaillé un certain nombre de sujets qui font notre ADN et qui sont, pour nous, autant de "marqueurs d'attractivité", comme le disent les communicants.

Je pense, entre autre, à l'élaboration de notre schéma de développement culturel, au plan cheval dont nous venons de dévoiler les grands axes, ces dernières semaines, mais aussi au plan tourisme dont nous reparlerons pas plus tard que mercredi prochain avec la "mue" annoncée de notre Comité Départemental du Tourisme en Agence d'Attractivité.

Tous ces éléments, sans oublier le nautisme et le littoral, participent à notre économie actuelle et sont aussi, pour demain, une garantie de nos emplois.

Je partagerai avec vous tous, un certain sentiment de fierté, même si nous avons encore ensemble, toutes collectivités confondues, de grands sujets devant nous.
Je pense notamment au schéma d'accessibilité, à la question de la démographie médicale, à la priorité du numérique ou encore à la téléphonie mobile, à l'enjeu des systèmes de transport et d'accessibilité à notre territoire ou encore à d'autres thèmes, comme l'accueil des gens du voyage, la loi GEMAPI.

Bref, bien des sujets de discussions et des dossiers qui sont sur nos bureaux et auxquels nous devrons trouver, tous ensemble, des pistes, des solutions… Peut-être en vous apportant l'ingénierie de nos services dans une relation encore plus fusionnelle entre le Département et vos communes.

Mais, vous êtes là et je le sais, au côté du Département, pour porter la voix des territoires, pour porter la voix de la diversité car vous avez tous des spécificités, des particularismes qui sont autant d'atouts sur lesquels vous savez vous appuyer pour soutenir votre développement et faire jaillir ce que j'appelle "l'intelligence des territoires".

Vous le savez, le Département est là et à chaque inauguration d'équipement, vous ne manquez pas de rappeler notre accompagnement et j'y suis toujours très sensible.

 

Sachez que notre saine gestion, d'ailleurs saluée par la Chambre Régionale des Comptes, et les ajustements bien réels de nos politiques départementales, exercice après exercice, alliés à de bonnes surprises sur les droits de mutation, dues à une conjoncture plutôt favorable, nous autorisent quelques marges de manœuvre bienvenues, mais vous me connaissez, je suis d'un naturel toujours prudent.

Tout cela va nous permettre de travailler encore un peu plus sur nos marqueurs d'attractivité que je rappelais à l'instant.

Par ailleurs, d'autres pistes de collaboration continuent de s'ouvrir avec les autres Départements Normands et pour beaucoup, avec les nouveaux exécutifs.

Là encore, je crois à de possibles mutualisations, expérimentations ou partages d'expériences, sans forcément vouloir tout attendre de la loi.

Enfin, sachez que nous travaillons, en toute intelligence, avec la Région, avec notre agglomération capitale, Caen. J'aime à le rappeler car cela n'a pas toujours été le cas.

Tout cela nous donne de bonnes raisons d'espérer pour continuer de construire un Département compatible avec les défis qui sont devant nous.
Un Département qui entreprend, un Département qui continue de développer un certain art de vivre, un Département nature, un Département connecté, un Département préservé, authentique, sécure, protecteur.

Un Département qui aime aussi être à la pointe de la modernité dans un certain nombre de secteurs, un Département qui aime se faire remarquer (dans le bon sens du terme), qui aime aussi se comparer aux autres, un Département qui aime souvent montrer le chemin et défendre ses dossiers.

C'est tout le sens de mon engagement auprès de l'Assemblée des Départements de France, mais aussi de l'Aserdel (Association de soutien pour l'exercice des responsabilités départementales et locales).

De nouvelles responsabilités  pour encore plus faire entendre la voix du Calvados au niveau national.

Oui… Il existe bien une "Calvados touch" !!!

En fait, vous le savez bien, l'avenir du Département se résume en deux maîtres mots : solidarité et proximité.

 

Enfin, permettez-moi, trois, quatre réflexions personnelles sur l'Europe, puisque c'est le thème choisi aujourd'hui ; notre Europe qui continue de se chercher un "demain" pour répondre aux très grands défis qui sont devant elle : économique, écologique, numérique, énergétique, sociétal.

J'ai toujours cru qu'on ne pouvait pas résoudre un problème avec les mêmes modes de pensées qui l'ont engendré. Les solutions sont bien souvent ailleurs, dans un nouveau logiciel qui reste, pour l'Europe, à inventer.

Mais, j'ai aussi toujours pensé que l'Europe sera ce que nous souhaitons bien en faire. Pour cela, il faut savoir ce que l'on veut qu'elle nous apporte.

Vous le savez, le Département, pour des raisons à la fois historiques, mais aussi des raisons de cœur et de valeurs, a toujours été un Département ouvert sur les autres et donc sur l'Europe.

Peut-être grâce à la voix des jumelages et à notre action souvent citée en exemple, qui participe à la construction d'une citoyenneté européenne pour nos jeunes… Mais aussi surtout par notre soutien constant à la mobilité des jeunes en Europe.

 

Je considère, pour ma part aujourd'hui, que l'Europe est en danger, comme peut-être jamais elle ne l'a été : je pense aux conséquences du Brexit, à la montée des populismes, à la gestion des flux migratoires, à sa politique monétaire ou de défense.

Il faut que l'Europe retrouve très vite une crédibilité aux yeux des populations, parfois désabusées par l'impuissance des états membres à trouver le chemin d'une vraie solidarité économique et sociale.

Oui, il nous faut continuer à bâtir une Europe encore plus solidaire, peut-être plus populaire, en tentant de s'affranchir de l'angoisse du présent pour continuer à fabriquer une histoire commune, puisque les destins des citoyens européens sont liés.

 

Voilà, ce que je souhaitais vous dire, ce matin. Vous l'avez compris, c'est un message d'optimisme, de foi réelle dans nos territoires, à condition d'être audacieux et de prendre à bras le corps les sujets, les questions, les interrogations qui sont devant nous ; mais à condition aussi que le couple communes/intercoms et Département soit à l'offensive dans ce profond renouvellement de la sphère publique locale.

 

Bien sûr, cela passe par des décisions parfois difficiles, mais qu'il nous faut expliquer dans le temps. C'est bien le sens de l'intérêt général qui guide notre action, dans le respect des uns et des autres.

Toutes ces raisons, toutes ces explications me font penser que le Département est bien l'échelon pertinent pour apporter, à chacun, toutes ses chances de réussite, même si j'observe beaucoup dans cette période, j'essaye d'analyser, de comprendre ce qui peut se passer demain, et c'est bien la première fois de ma vie politique que je suis à un tel niveau d'interrogation.

Nous sommes dans un temps de vie pour nos collectivités, très important, passionnant, mais qui peut se révéler dangereux pour l'avenir si nous ne sommes pas vigilants, tant la tentation de recentralisation est parfois forte… Je le pense vraiment ; alors qu'il faudrait, pour garantir un bon fonctionnement entre les différents niveaux de collectivités et l'État, mettre dans les rouages, une bonne dose de subsidiarité.

J'ai toujours été très convaincu de l'intérêt et de cette pertinence des Départements. C'est bien le juste niveau pour garantir équité et péréquation de notre territoire… Vous le sentez bien.

Nous sommes communes/département dans l’échelon du concret, dans le souci du quotidien c’est-à-dire au cœur même de la vie de nos concitoyens.
C'est bien pour cela que j'ai fait récemment le choix du local, le choix du territoire, le choix d'être au plus près de chacun d'entre vous, accompagné par des collaborateurs et une administration volontaire, impliquée, disponible, engagée à vous rendre le quotidien et celui des Calvadosiens toujours plus facile… Avec, pour guide et principes d'action, l'ensemble de ces mots-clés qui se sont affichés sur l'écran, au fil de mon propos.

Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour remercier, mais cette fois publiquement, toutes celles et tous ceux qui m'ont adressé, ces dernières semaines, à l'heure de cette décision très personnelle, des messages de sympathie et d'encouragement pour notre collectivité départementale, bien décidée à poursuivre, à vos côtés, ses missions et ses engagements.

Permettez-moi pour conclure, comme l'a fait il y a quelques jours, le Président Larcher, à la tribune de l'Assemblée des Départements de France, de citer Mirabeau, qui plaidait déjà en 1789 en souhaitant la création d’une division propre aux localités, « le nécessaire rapprochement de l'administration envers les hommes et les choses ». Et donc, les Départements et les communes participaient à la création d'un "monde nouveau".


Laissez-moi croire que nous sommes, tous ensembles, toujours capables de faire vivre demain, mais dans une nouvelle approche, cette modernité d'hier, d'une étonnante actualité.

Vive les communes, vive le Département !!!

Je vous remercie de votre attention.

 

Seul le prononcé fait foi.

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