Accueil Toute l'info Actualités |  Refugee Food Festival...
Le chef syrien Abdulaziz Almohamad, sa femme, Alain Anezo,chef de cuisine du collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin, et son équipe.

Refugee Food Festival : rencontre de deux cultures culinaires

Dans le cadre du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre et de l’opération Refugee Food Festival, le Département invitait, du 2 au 6 octobre, des chefs réfugiés dans quatre de ses cantines scolaires. Jeudi 5 octobre, c’est le chef syrien Abdulaziz Almohamad qui découvrait Alain Anezo et son équipe, chef de cuisine du collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin. Interview croisée.

jeudi 05 octobre 2017
Partager cette actualité :

Qu’est-ce que vous proposiez au menu d’aujourd’hui ?

Abdulaziz : En entrée, du houmous et du taboulé, puis deux plats : du Mandi-Yemin, avec du poulet et des oignons et du Sulta Kufta : de la viande hachée de boeuf, des tomates, oignons, du persil et des épices. En accompagnement, du riz pilaf et du boulgour.

Alain : On a été d’ailleurs surpris : le taboulé n’est pas du tout le même qu’en France. Il faut beaucoup plus de persil qu’on ne pensait.

Un premier ressenti après cette expérience ?

Abdulaziz : Les chefs étaient très gentils. On a bien travaillé ensemble. Je n’étais pas surpris de découvrir une cuisine de cantine scolaire puisque j’ai déjà fait un stage.
(à Alain :) C’était la première fois, je crois, que vous prépariez de la nourriture orientale.

Alain : On l’a déjà fait, mais pas de cette façon-là, c’est sûr !

Abdulaziz, quelle a été votre première approche de la cuisine française ?

Abdulaziz : J’ai déjà goûté le poisson à la crème, c’est très bon. J’aime beaucoup. J’adore également les crevettes, et les crêpes…

Alain : Ah, moi aussi, étant breton… (rires). De manière générale, côté cuisine, je suis plutôt sucré ou épicé. D’ailleurs, j’aime beaucoup le poivre Timut, du Népal. Il sent le pamplemousse, et j’en mets souvent dans la salade de fruits.

Et vous, Alain, comment vous trouvez la cuisine Syrienne ?

Alain : C’est beaucoup de viandes, de plats en sauce, de mijotés, de boulettes… on en fait moins en France. Ils cuisinent le riz pilaf différemment aussi : ils le cuisent plus longtemps. On a beaucoup observé comment ils faisaient : Abdulaziz et sa femme avaient apporté leurs propres ustensiles.

Quand avez-vous commencé à cuisiner ?

Abdulaziz : En Syrie, j’étais taxi, mais j’aimais bien cuisiner. Avant d’arriver en France, avec ma femme, on était en Jordanie pendant 3 ans. J’ai travaillé dans un grand restaurant comme chef de cuisine, pour 200 couverts.

Alain : J’ai commencé à 18 ans, et j’ai rencontré des personnes qui m’ont orienté dans cette voie. C’est devenu une passion. Après, faire autre chose, je ne saurais pas.

Les enfants avaient l’air contents, en tout cas ! Pas trop difficile de travailler ensemble ?

Alain : Je trouve que c’est important de partager, de faire découvrir nos cultures respectives et d’ouvrir notre cœur aux réfugiés. Et les enfants ont eu l’air contents, d’ordinaire, ils aiment bien goûter, découvrir ce qu’ils n’ont pas l’habitude de manger chez eux. C’est très important de faire ça. Au collège, on organise des repas à thème une fois par mois : sur les épices, le sucré, un pays…

Abdulaziz : Toutes les personnes participaient, toute l’équipe est gentille. Alain, qui est pourtant chef de cuisine, a coupé le persil, c’est différent d’un restaurant ou de la Syrie. Il n’y a pas de hiérarchie, c’était vraiment bien.

Et pour la suite ?

Abdulaziz : Je cherche un travail dans la restauration, la semaine dernière, je suis allé déposer des CVs…

Alain : Cela fait 7 ans que je suis cuisinier au collège, et je ferai une 8e année... Sinon, demain, c’est émincé de bœuf au menu !

Image d'en-tête : Le chef syrien Abdulaziz Almohamad, sa femme, accompagnés d'Alain Anezo, chef de cuisine du collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin, et de son équipe. / © F. Clolus

Tags :
Partager cette actualité :
<script>