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Les agents du Département et les chevaux de trait de la Société Cegalia à Aunay-sur-Odon dans les landes et tourbières de Jurques le 24 février 2021. / © Coralie Moutier

L’entretien des landes et tourbières de Jurques en 6 questions

Des travaux de restauration du milieu naturel par des agents du Département ont lieu tous les ans dans les landes et tourbières de Jurques, impliquant parfois l'intervention de chevaux de trait pour le débardage des arbres. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Coralie Moutier, garde gestionnaire dans les Espaces naturels sensibles du Département.

jeudi 04 mars 2021
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Pourquoi couper certains arbres dans ces landes ?

Les travaux dont nous parlons aujourd’hui ont pour objectif de limiter le développement des arbres. La lande est en effet un milieu très spécifique qui a besoin notamment de lumière pour que les plantes typiques qui la caractérisent puisse se développer, s’épanouir et accueillir ainsi toute la faune inféodée à ce milieu. Si aucune intervention n’est réalisée, la dynamique naturelle fera que les arbres se développeront de plus en plus au détriment des espèces de landes. Depuis 2015, nous intervenons ainsi chaque année sur 20 à 30 arbres (mesurant chacun entre 10 et 30 centimètres de diamètre : bouleau, pins, saules, bourdaine…) qui envahissent la lande.

Comment procédez-vous ?

  • Dans un premier temps, il faut abattre les arbres : cette opération est réalisée par notre équipe d’entretien des Espaces nautrels sensibles (ENS).
  • Il faut ensuite « sortir » les arbres du site. C’est à cette étape que les chevaux de trait interviennent. La lande est un milieu fragile, rare… et difficile d’accès pour des engins mécaniques sur ce site : les chevaux de trait permettent donc d'évacuer les arbresen limitant au maximum l’impact sur le sol. Nous définissons le trajet des chevaux au début du chantier afin que ceux-ci empruntent un cheminement le moins impactant possible pour la lande. Le cheval peut aller quasiment partout, sauf sur les zones trop humides et trop fragiles. Il faut malgré tout être à l’écoute du meneur et de son cheval : même si les chevaux ont beaucoup de force, il faut essayer de limiter la distance à parcourir pour leur bien-être. Nous devons être vigilant et éviter les zones avec des trous ou des fossés profonds qui pourraient blesser les chevaux.
  • Les troncs sont ensuite récupérés par des partenaires comme bois de chauffage et les branches sont broyées et données au zoo de Jurques pour être utilisées comme paillage dans les massifs des allées du zoo.
Un cheval de trait et son meneur
Un cheval de trait et son meneur de la Société Cegalia à Aunay-sur-Odon le 24 février 2021. / © Coralie Moutier

Comment choisissez-vous les arbres à abattre ?

Nous cherchons avec l’adjoint au chef de l’équipe d’entretien des ENS à garder les arbres dit « fragilisés » avec des cavités, des fissures, des branches mortes, qui vont accueillir toute une faune variée et riche qui va se loger, se reproduire et se nourrir dans ces arbres. Nous marquons donc plutôt des arbres qui :

  • se trouvent sur des secteurs où la dynamique de lande est encore forte : concrètement, là où il y a encore beaucoup de bruyères, on va abattre les arbres pour laisser la lumière atteindre les bruyères ;
  • permettent de créer une plus vaste zone ouverte ;
  • permettent de connecter les espaces ouverts entre eux.

Il est à noter que nous n’abattons pas tous les arbres du site ! Nous nous concentrons uniquement sur les secteurs de landes (environ six hectares). Le reste du site est laissé en libre évolution et nous laissons donc la dynamique naturelle faire son œuvre !

Cette opération d’entretien est-elle menée afin de régénérer la nature ?

Oui, tout à fait. Les arbres, même s’ils ont un rôle écologique indéniable, peuvent parfois être préjudiciable à certains milieux. Ils apportent de l’ombrage et, de part les feuilles et aiguilles qui se déposent au sol, viennent enrichir le milieu. Or, la flore de landes a besoin de lumière et d’un sol pauvre. Abattre les arbres sur ce milieu est donc primordial pour maintenir les landes en bon état écologique et accueillir ainsi toutes les espèces de flore et de faune qui s’y épanouiront.

Entretien dans les landes et tourbière de Jurques
Entretien dans les landes et tourbière de Jurques le 24 février 2021. / © Coralie Moutier

Que se passerait-il si cette opération n’avait pas lieu ?  

Sans intervention de notre part, les arbres se développeraient jusqu’à ce que la lande se transforme en forêt. Nous perdrions donc les landes et ces espèces typiques au profit de la forêt. Au regard de la rareté de ce milieu en Normandie ainsi que du statut de protection dont bénéficient les espèces qui peuplent les landes, le choix est donc fait de stopper le développement des arbres.

Quelles espèces protégeons-nous en faisant cela ?

Les bruyères typiques des landes (bruyères à quatre angles, bruyère cendrée, callune fausse-bruyère), les serpents (orvets, couleuvres, vipères), les insectes (papillons comme le Miroir, sauterelles et criquet, comme les decticelles de bruyères, decticelles des alpages…), les oiseaux (mésanges, pics, engoulevent, buse variable…).

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Les landes et tourbières de Jurques

Ce site, dont la zone de préemption a été créée en 2011 pour une surface de 36 hectares, est acquis par le Département à hauteur de 25 hectares. Plusieurs travaux de restauration du milieu naturel ont été réalisés depuis 2015.

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Image d'en-tête : les agents du Département et les chevaux de trait de la Société Cegalia à Aunay-sur-Odon dans les landes et tourbière de Jurques le 24 février 2021. / © DR

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