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Coups de coeur So14 ! 2019

Découvrez les coups de cœur So14 ! 2019

Tout au long de sa nouvelle année So14 !, le Département mettra régulièrement à l’honneur ses 14 coups de cœur en les associant à ses événements et temps forts.

mercredi 03 avril 2019
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Lancée en 2014 par le Département du Calvados, l’opération « So14 ! tellement Calvados » valorise des femmes et des hommes du Calvados qui mettent en lumière toute la richesse et le dynamisme du département par leur action, leur investissement, leur savoir-faire et leur talent.

Pour l'année 2019, les coups de cœurs So14 ! sont :

André Russeau & Carole Massias : du sport pour tous à Bayeux

Si les parcours de vie de Carole Massias et André Russeau diffèrent, ils ont en commun l’amour du sport, doublé d’une puissante envie de le partager avec le plus grand nombre. Tous deux sont impliqués depuis des années dans les deux seuls clubs de Bayeux disposant de sections sport adapté, le « Bayeux Football Club » et « Courir pour les trisomiques ». Ces sportifs au grand cœur n’avaient qu’un seul regret : l’absence de structure multisport adaptée au public porteur de handicap.

André Russeau & Carole Massias

Soutenus par les équipes et élus de la ville de Bayeux, et accompagnés de nombreux bénévoles, ils décident en début 2018 de se lancer dans une nouvelle aventure : la création de l’association « Bayeux Sport Adapté ». Son objectif ? Accueillir une fois par semaine des personnes en situation de handicap mental ou psychique et leur proposer de découvrir de nouvelles activités sportives. Les sessions sont organisées par cycle de sept semaines. S’enchaînent ainsi depuis le début de saison athlétisme, judo, tennis et paddle.

Les participants sont majoritairement inscrits par le biais de leur Institut médico-éducatif (IME) ou de leur Établissement et service d'aide par le travail (Esat). Ils sont encadrés par un éducateur spécialisé, Quentin Lefrançois et accueillis dans les infrastructures sportives de la ville de Bayeux.
« L’intérêt est multiple », expliquent Carole Massias et André Russeau, « le sport permet de développer une meilleure image de soi, de maintenir une bonne hygiène de vie et de lutter contre la sédentarité. Pour nos adhérents, qui se retrouvent avec des personnes issues d’IME et Esat différents, c’est également l’occasion de côtoyer de nouvelles personnes, de sortir de leur bulle et de développer leurs interactions sociales en toute confiance. »

 

Désiré Dajon-Lamare : transmettre l’histoire aux jeunes

Monsieur Désiré Dajon-Lamare a 87 ans. Pourtant, en l’écoutant parler, on ne voit plus en lui que l’enfant de 8 ans, espiègle et insouciant, qui a vu les Allemands prendre possession de sa commune, Ouistreham, le 19 juin 1940. Il vivra sous l’occupation allemande jusqu’au Débarquement, dans la maison de sa grand-mère où sa mère et lui vinrent se réfugier après les premiers bombardements de 1944, maison où il habite toujours avec son épouse.

Désiré Dajon-Lamare

À l’écouter parler des tickets de rationnement, des corvées dans les champs imposées par les soldats allemands mais accueillies par les enfants avec joie comme « une journée de moins d’école », on comprend la fascination qu’il exerce sur son auditoire, le plus souvent des classes venues de la France entière, mais également des délégations d’adultes, français ou étrangers.
En 1943, de nombreux enfants sont évacués de la commune, mais Désiré reste en famille, ce qui lui permettra de vivre des instants dont lui seul peut témoigner, tel le largage de tracts annonçant l’avancée des troupes alliées. Malgré le danger que cela représentait, il a réussi à en garder une trace précieuse : un tract qu’il possède encore aujourd’hui. Le Débarquement, il l’a vécu réfugié dans l’abri d’un voisin. De cette journée il garde une cicatrice à la jambe et le témoignage précis qu’il fit de ces heures légendaires et des jours qui suivirent, dans un petit carnet rouge, qu’il offre à la lecture à chacune de ses interventions.

« Les gens me disent souvent qu’ils sont touchés par ma franchise et ma manière de raconter, je reçois beaucoup de courrier après mes interventions. » Ces nombreuses lettres témoignent de l’impact qu’a Désiré Dajon-Lamare sur toutes les générations qu’il croise, depuis 25 ans de témoignage !

 

Florence Graal : quand la photo se fait art

Florence Grall débute sa carrière de photographe professionnelle dans la mode, à Paris. Un milieu qu’elle quittera pour retrouver le sens de son travail artistique et se recentrer sur sa technique de prédilection : le portrait. Après quelques années, Florence Grall arrive dans le Calvados : « Ici, il y a tout ce qui contribue à mon équilibre : la campagne, la mer, l’architecture, l’histoire. La pierre de Caen, claire et lumineuse, m’a immédiatement conquise. »

Florence Graal

Elle installe son studio à Caen. Cet espace lui ressemble, orienté sur la rencontre et l’échange :
« l’univers de l’autre est toujours passionnant et riche, quand on prend le temps de s’y intéresser ». Ce sens du partage nourrit son envie de transmettre : elle enseigne la photographie depuis près de neuf ans.

En 2018, elle propose sa candidature pour la Coupe de France de Photographie et, à sa grande surprise, apprend qu’elle est sélectionnée pour la Coupe du Monde. La photo, retenue dans la catégorie « reportage » a été réalisée dans le cadre d’une commande pour l’Abbaye de la Cotellerie à Bazougers, près de Laval. L’image est puissante, pénétrante. Elle montre les moines de la confrérie accompagnant l’un des leurs dans la fin de vie. Florence Grall y exprime tout son talent. La composition artistique ne prend jamais le pas sur le message qu’elle porte, à savoir les liens de fraternité qui unissent les moines de l’Abbaye.
Cette photo présélectionnée pour la Coupe du Monde a été largement diffusée, offrant une belle visibilité au travail de Florence Grall ainsi qu’à sa démarche : être à l’écoute des souhaits de ses sujets tout en restant fidèle à son identité artistique. « Chaque commande fait l’objet d’un rendez-vous préalable qui me permet de sentir jusqu’où je peux les emmener, en fonction de leurs envies photographiques. »

 

Julien Champain & Agnès Méry : Senior Senior, une appli à votre service

À l’origine de ce projet, une réflexion commune entre Julien Champain et son associée, Agnès Méry : comment permettre aux seniors de se créer un réseau social ? Alors qu’ils cherchaient chacun la réponse à cette question pour leurs proches, ils n’ont trouvé que des applications envisageant la retraite sous l’angle de la dépendance ou de la maladie. Or, nombreux sont les plus de 55 ans qui souhaitent s’épanouir dans le sport, les loisirs ou la culture, ou qui cherchent à pouvoir échanger des services. « De nombreux seniors ont envie de conserver leur utilité dans la société, de rendre service. Ils ne trouvent pas forcément de réponse à ce besoin dans le milieu associatif, qui leur semble demander un engagement trop conséquent. »

Julien CHAMPAIN - Agnès MÉRY

Le concept « Senior Senior » était né : une plateforme d’échange et d’entraide entre seniors d’une même ville. Côté pratique, l’application propose six thématiques : faire ses courses, partager un loisir, se déplacer, le numérique, le sport et les animaux. Élégante et intuitive, elle séduit par sa modernité : « les seniors sont très bien équipés en tablettes et smartphones, il ne faut pas sous-estimer leur curiosité numérique.»
Pour la commercialisation, c’est directement aux villes que la société s’adresse. Ainsi, chaque commune devient porteuse du projet et peut en faire la promotion. Ce modèle bénéficie aux différentes parties : il garantit le sérieux de l’application tout en permettant aux villes d’être en relation avec la population des seniors actifs. En effet, elles pourront directement informer les utilisateurs de la plateforme des actualités ou des programmes de la municipalité qui leur sont destinés.
Lancée à Caen, l’application est désormais disponible à Ouistreham et Caumont-sur-Aure. Les retours des utilisateurs sont d’ores et déjà très positifs. L’application a trouvé sa place dans le quotidien de ses utilisateurs qui sont ravis de se faire de nouvelles connaissances !

 

Laurence Reynaud : quand le handisport touche sa cible

Laurence Reynaud a longtemps pratiqué le tir à l’arc comme un loisir, au sein de différents clubs. Lorsqu’elle devient paraplégique, elle continue son sport comme elle l’a toujours fait, sans ressentir l’envie de s’orienter vers un club handisport. Le premier tournant dans sa carrière sportive est marqué par son arrivée au club de Douvres-la- Délivrande : les Archers du Cœur de Nacre. Initiée par le coach de l’époque à la compétition, elle y prend goût et intensifie ses entraînements.

Laurence Reynaud

Elle s’investit alors davantage dans le club et en devient présidente. Puis c’est presque par hasard que Laurence Reynaud découvre la compétition handisport, motivée par une amie archère. « Cela a été une révélation, j’ai découvert un milieu avec un supplément d’âme. Même si l’esprit de compétition règne, les valeurs très fortes d’entraide et la pluralité des parcours de vie m’ont immédiatement séduite. » La suite s’enchaîne rapidement, jusqu’au titre de championne de France Handisport pour le tir à 50 mètres.

Une victoire teintée d’un unique regret : ne pas avoir pu concourir sous les couleurs de son club de cœur. En effet, à cette époque, aucun club de tir à l’arc du Calvados n’est affilié à la Fédération Française Handisport (FFH). Laurence Reynaud lance donc les démarches. Grâce à sa détermination, elle pourra désormais représenter son club lors des prochains championnats de France handisport (salle et tir extérieur).
L’aventure se poursuivra sur un nouveau terrain de jeu à l’international, avec le collectif France handisport. La préparation à ces compétitions s’annonce intense, physiquement comme mentalement. L’avenir est donc plein de nouveaux défis à relever pour la championne avec, au centre de la cible, le plus beau de tous : Paris 2024.

 

Lise Thaflet : la force du témoignage

À l’âge où l’insouciance est de mise, en classe de troisième dans un collège sans histoires, le monde de Lise Thaflet s’effondre. Les lettres anonymes s’enchaînent. Blessantes, méprisantes, elles ciblent personnellement la jeune fille. Elle trouve néanmoins la force d’en parler immédiatement. Soutenue par ses parents et une association locale, elle porte plainte. S’ensuit une année de calvaire submergée d’agressions épistolaires et de doutes sur son entourage. Elle perd totalement confiance en elle.

Lise Thaflet

Puis, pendant l’été, presque par hasard, la mère de Lise apprend l’identité des fautives : les amies proches de sa fille. L’histoire aurait pu s’arrêter là. Cependant, dès la seconde, pour prendre un nouveau départ, Lise Thaflet a commencé à écrire son histoire, son livre, qu’elle a intitulé Mon Combat paru aux éditions TheBookEdition. « J’avais toujours eu un problème avec l’orthographe, c’était une belle revanche sur mes cours de français. »

À la façon d’un exutoire, la rédaction de ce livre marque la renaissance de la jeune fille. Témoignage bouleversant, Mon Combat se veut également porteur d’espoir pour tous les jeunes qui, un jour, se sont retrouvés démunis face au harcèlement. Lise Thaflet les encourage à sortir du silence. Elle insiste sur l’importance du dialogue avec ses proches pour surmonter cette épreuve. Son livre lui a permis d’échanger avec des personnes de son entourage qui ne savaient pas comment l’aider à l’époque « j’étais tellement renfermée sur moi-même que je ne laissais personne m’approcher ».
Primordiale aussi, la nécessité de s’autoriser à refaire confiance. À désormais 19 ans, elle a depuis vécu des expériences positives qui lui ont appris qu’elle avait besoin des autres pour avancer. Forte de cette certitude, elle a peu à peu accepté de s’ouvrir à des personnes bienveillantes. C’est bien le meilleur épilogue qu’elle pouvait donner à son livre.

 

Birdz : une collection à la mode Calvados

Lucas Maitenaz, Damien Legrand et Thomas Comby évoluent depuis longtemps dans des milieux complémentaires, respectivement la production d’évènements musicaux, les sports de glisse et les arts graphiques. De ces influences variées est née l’idée de créer une petite série de vêtements à leur image, en empruntant les codes des universités américaines, qui possèdent des lignes de T-shirts et sweats à leurs couleurs. Vêtements et accessoires, écharpes, bonnets et casquettes brodés « Calvados » voient ainsi le jour ! Ce parti pris audacieux a très vite porté ses fruits : les premières pièces rencontrent un succès rapide les invitant à réfléchir à la suite du projet.

Birdz

Loin des études de marché et des prises de risques calculés, les trois associés se lancent très rapidement dans l’aventure et créent la marque Birdz. « Nous souhaitions créer des vêtements que nous serions heureux de porter, » indique Lucas Maitenaz.
Les coupes sont d’inspiration urbaine, déclinées pour toute la famille et la collection s’est rapidement étoffée, avec la création d’une ligne plus générique. Les jeunes entrepreneurs souhaitent, en effet, mettre en avant la dimension « Calvados » sans toutefois s’y limiter.
Une attention particulière est portée sur le choix de fournisseurs « responsables et certifiés biologique, dont les produits sont fabriqués à partir de fibres naturelles, dans des conditions conformes aux règles de l’agriculture biologique ». L’aspect local reste au cœur des préoccupations de la marque Birdz, qui a choisi pour ses étiquettes et ses broderies de travailler avec des artisans normands.
Selon Lucas Maitenaz, la création de la marque est un point de départ, une toile blanche. De futures collaborations sont désormais envisagées avec des artistes ou sportifs locaux. À travers Birdz, il souhaite laisser s’exprimer la pluralité des expressions qui bouillonnent dans le Calvados et mettre en valeur toute cette richesse au gré de collections « capsules ».

 

Marie-Laure Peretti : bibliothèque 2.0 au grand galop

En 2014, lors des Jeux Équestres Mondiaux, Marie-Laure Peretti assiste à une présentation de l’inventaire numérique de 350 ouvrages sur le cheval, par la Maison de la recherche en sciences humaines (MRSH) de Caen. Pour cette cavalière passionnée, alors responsable d’une librairie spécialisée sur le sujet, cette forme novatrice de recensement est un véritable déclic : pourquoi ne pas l’étendre à tous les innombrables ouvrages liés au cheval ?

Marie-Laure Peretti

L’histoire équestre est, en effet, le thème d’une littérature féconde. « Des milliers d’auteurs au fil des siècles se sont attelés au sujet, en France et dans le monde entier. » En fonction des époques, ils ont abordé des sujets aussi variés que le dressage, les découvertes vétérinaires, la cavalerie, la compétition et le loisir. « Chaque année sont publiés 200 à 300 ouvrages sur le cheval. »
Le projet de la Bibliothèque Mondiale du Cheval a été lancé en 2016 par la MRSH (CNRS / Université de Caen Normandie) avec le soutien de la Région Normandie, du Ministère de la Culture et de la  Bibliothèque nationale de France. La première phase de cet inventaire s’est appuyée sur le travail de Gabriel-René Mennessier de La Lance. Il y a un siècle, ce général de cavalerie à la retraite a catalogué plus de 8 000 titres, agrémentés d’une biographie de l’auteur et de commentaires de lecture. Cette base de travail inestimable a servi de fil rouge à l’équipe du Pôle du Document Numérique. En collaboration avec nombre de bibliothèques, d’institutions telles que le Cadre Noir ou de collectionneurs privés, elles ont répertorié et classé les ressources disponibles.
Récemment mise en ligne, la Bibliothèque Mondiale du Cheval référence 8 240 livres, dont 2 218 sont numérisés et donc consultables par tous. La prochaine étape est d’intensifier la collaboration internationale afin de poursuivre cet inventaire mondial du patrimoine littéraire lié au cheval.

 

Maxime Robenard : l’éco-club fait le buzz

Maxime Robenard est assistant pédagogique au collège Léopold Sédar Senghor. En octobre 2018, il propose aux élèves de créer un éco-club, afin d’engager des actions axées sur le développement durable. Dès le début, une vingtaine d’enthousiastes adhèrent au projet, rejoints au fil des mois par une trentaine d’autres élèves, de la 6e à la 3e. Un groupe motivé qui met à profit la pause déjeuner pour travailler sur des projets très concrets.

Maxime Robenard

Très vite, ils ont ressenti le besoin de faire connaître leurs actions par le biais d’une chaîne YouTube nommée Éco-Club Senghor Ifs. « La plupart des membres de l’éco-club possédaient de bonnes connaissances en vidéo et en montage, on a donc pu se concentrer sur les sujets. Il s’agit principalement de tutoriels assez ludiques qui suscitent un bon retour de la part des internautes. »
Dans la longue liste des actions menées par le groupe, on peut mentionner l’écriture d’un roman, la végétalisation des espaces, avec à moyen terme le projet d’un potager durable en permaculture et la sensibilisation à la gestion des déchets et au gaspillage alimentaire. Ils sont également sollicités par les professeurs du collège pour des interventions dans les classes, afin de fédérer l’ensemble de l’établissement autour de ces problématiques. Début 2019, une chaîne locale intervenant sur le même réseau social a réalisé une vidéo sur les initiatives de ces hyperactifs de l’écologie, générant un buzz de belle envergure.
Le tout jeune éco-club s’est récemment vu attribuer le label E3D, qui récompense les établissements scolaires engagés dans une démarche de développement durable structurée. Ce dispositif a été lancé conjointement par le Département du Calvados et le Rectorat en 2012. Aujourd’hui, 19 collèges calvadosiens sont labellisés E3D, parmi lesquels le collège Léopold Sédar Senghor de Ifs pour les actions de son éco-club.

 

René Petrich : pomme, pomme, pomme, pomme !

René Petrich a toujours été un amoureux de la nature, du terroir et du monde paysan. Guidé par cette passion, il étudie l’agronomie et la viticulture à Montpellier. Dans les années 1980, son mariage avec Mathilde le conduit à Ducy-Sainte-Marguerite, dans la propriété familiale qui pratique alors la polyculture et l’élevage. Toutefois, le couple réalise rapidement que la configuration de la ferme ne leur permettra pas d’engager les mises aux normes exigées pour l’élevage. Ils s’orientent alors vers la plantation d’un verger cidricole.

René Petrich

« Bien avant que cela ne soit une mode, nous avons choisi d’exploiter les Vergers de Ducy de manière biologique. Cela nous tenait à cœur de travailler dans le respect de la nature, dans une démarche de développement durable. C’était à la fin des années 1990. » Avec 20 ans d’avance, ils décident de valoriser cette production par la transformation des fruits en jus de pomme, cidre, pommeau, calvados, vinaigre de cidre et gelée, le tout biologique. Pour garantir la qualité des produits, René Petrich, en association avec son gendre et ses enfants, modernise ses techniques de production grâce à la biotechnologie. « Notre démarche résulte d’une véritable conviction, nous nous inscrivons dans toutes les initiatives locales orientées bio, nous sommes aussi livreurs d’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP). »
Pour ce fervent défenseur du territoire, très impliqué dans la vie locale à travers son activité de maire, il était également nécessaire de donner une vocation pédagogique à son exploitation. Le domaine accueille donc régulièrement des groupes pour expliquer son savoir-faire. René Petrich se dit heureux de constater que la pomme, symbole fort de notre territoire, a sa place sur les circuits touristiques au même titre que le patrimoine historique. Chaque année, ses équipes sont aussi présentes au Salon international de l’agriculture pour faire découvrir leurs produits qui séduisent un public toujours plus large.

 

Sophie Kerdellant : l’aquarelle comme mode d’expression

Sophie Kerdellant aime partir à la découverte du détail qui va éveiller sa curiosité et son envie de « croquer » paysages et monuments d’architecture dans ses carnets de voyage. Happée par les histoires qui se nichent dans le décor, elle commence toujours sur place par prendre un « instantané » au crayon ou à l’encre, pour ensuite travailler la mise en couleur dans son atelier. Son terrain de jeu est principalement local, avec cependant des escapades plus lointaines en fonction de ses destinations de vacances ou de commande reçues : « notre département est riche de paysages variés qui invitent à l’évasion artistique ».

Sophie Kerdellant

Autodidacte, Sophie Kerdellant s’est lancée dans la création artistique après la naissance de son fils Loris, polyhandicapé, pour lequel elle quitte son travail afin d’être pleinement disponible. Loris fréquente un Institut médico-éducatif (IME) dès l’âge de 8 ans. Au fil des années, alors que sa pratique artistique devient de plus en plus reconnue et professionnelle, Sophie Kerdellant comprend à quel point son activité favorise les échanges, par exemple lorsqu’elle réalise des croquis pour ses carnets de voyage et que les passants viennent spontanément lui parler. Lui vient alors l’idée de mettre son art à la disposition des jeunes et des adultes qui, à l’instar de son fils, rencontrent des difficultés à communiquer.
Par le biais de son association Le Monde de Loris, elle organise bénévolement des cours, visites culturelles, ateliers, expositions au sein des IME, Esat et autres structures spécialisées du territoire. Autant d’initiatives qui offrent aux jeunes l’opportunité de s’exprimer différemment et aux parents l’occasion de se rencontrer. « Je suis heureuse de pouvoir donner car j’ai beaucoup reçu. Je m’épanouis dans ma pratique artistique, mais aussi avec les jeunes auprès desquels j’interviens, j’aime qu’ils puissent trouver à travers l’art une nouvelle façon d’exprimer leurs émotions. »

 

Stéphane Thien : Hippn’Go, le covoiturage du cheval

Si le Département du Calvados a eu le coup de cœur So14! pour Stéphane Thien, la réciproque est on ne peut plus vraie. Originaire de la région lyonnaise, il s’est installé à Deauville il y a un an, poussé par une idée brillante qu’il se félicite d’avoir eue en premier tant elle lui paraît désormais évidente. Cette idée résulte d’une problématique personnelle : comment transporter le poney de sa fille, qui pratiquait l’équitation de manière assidue ? Lui-même adepte des applications de covoiturage pour limiter les frais de ses trajets, il se met aussitôt en quête d’une application lui permettant de bénéficier du trajet d’un autre cavalier. Sans succès.

Stéphane Thien

Le concept de covoiturage équestre était né. Une fois l’idée germée dans son esprit, Stéphane Thien décide de tout mettre en œuvre pour qu’elle se concrétise et n’hésite pas à déménager pour se rendre sur la Côte Fleurie, l’un des hauts lieux de la filière équine. Il y trouvera de nombreux soutiens et partenaires pour son projet, ainsi que des spécialistes avec qui échanger pour peaufiner le  concept. « Tout le monde dans le métier ou dans la pratique de loisir a déjà été confronté au problème du transport, » résume Stéphane Thien, qui a compris à travers sa connaissance du milieu qu’au-delà du partage de frais, il était aussi nécessaire d’inclure l’assistance ainsi que l’assurance du transport du cheval.

Hippn’Go, la « première application de covoiturage pour chevaux et poneys », propose donc une solution complète et novatrice, récemment élue grand prix des startups 2018 au salon Équita de Lyon et labellisée Hippolia. Déménagements, compétitions, changements de propriétaire (presque 90 000 par an), nombreuses seront les occasions pour les passionnés d’avoir recours à l’application de Stéphane Thien !

 

Thibault Guilmin : le fabuleux destin du facteur de clavecins

C’est une belle épopée qui a permis à Thibault Guilmin d’exercer le métier rare de facteur de clavecins. Mélomane et pianiste depuis son enfance, il commence par s’orienter vers un BTS Génie des équipements agricoles, mû par le goût de concevoir des véhicules sur mesure. « La musique me manquait, j’ai ressenti le besoin de revenir à ma première passion. Je me suis inscrit au conservatoire, avec deux instruments, l’orgue et l’euphonium, ainsi qu’en musicologie à l’Université. » 

Thibault Guilmin

Après 5 ans de conservatoire, fort de son bagage académique pluridisciplinaire, il s’oriente vers un Brevet des Métiers d’Art en facture de piano. « J’étais attiré par la facture instrumentale, qui allie la technique, la réflexion et la précision manuelle. On m’a alors proposé de réaliser mon apprentissage chez Claude Mercier-Ythier à Paris, le premier facteur à s’être spécialisé dans le clavecin depuis Louis XVI, une légende. Je suis allé visiter l’atelier et j’ai été conquis. »

La relation bienveillante qui s’installe entre le maître et l’élève conforte Thibault Guilmin dans son choix. « La route a été longue, mais maintenant elle me paraît évidente. Je ne me verrais pas faire autre chose. » Il fait désormais partie de la petite famille des facteurs de clavecins, qui compte à peine 30 membres en France, alors que l’attrait pour les instruments anciens ne cesse de croître.
Il y a un peu plus d’un an, il ouvre la Maison Guilmin à Morteaux-Coulibœuf. Très sollicité pour la restauration et réparation de clavecins, il intervient également auprès de salles de concert, de festivals et de conservatoires pour l'accord et l'harmonisation des instruments. Son prochain projet ? Réveiller l’envie de création qui ne l’a jamais quitté pour concevoir son propre prototype de clavecin à mécanique suspendue. Il construit à cet effet un atelier de taille respectable, où il aura également suffisamment de place pour se lancer dans la copie de clavecins anciens.

 

Willy Leloutre : Créative, l’école du numérique

Willy Leloutre et Cédric Morel-Guilloux sont deux visionnaires du numérique, convaincus depuis des années qu’en la matière, il est nécessaire de lutter contre les stéréotypes. En effet, si la transition numérique est aujourd’hui une réalité pour chacun à tous les niveaux de la société, ils sont conscients de l’appréhension qu’elle suscite. Pour dissiper ces craintes, une solution : la formation. Après plusieurs formats d’école du numérique, testés avec succès depuis 5 ans, ils fondent en 2018 Créative by La Coding.

Willy Leloutre

Les deux associés ont investi à Hérouville-Saint-Clair dans des locaux dédiés à cette émulation numérique. Créative s’intègre dans un concept innovant nommé Futur Composé qui regroupe plusieurs autres entités (Faisable, spécialisée dans les objets connectés, Réactive, agence de marketing digital qui privilégie l’embauche de personnes en situation de handicap et Agile, le studio de production digitale).

L’idée novatrice de Créative est que les formateurs travaillent également dans les autres entités du groupe. Selon Willy Leloutre, « pour rester performant dans un domaine innovant et en perpétuelle mutation, il est nécessaire d’être toujours dans une démarche de production et de création ». Le public visé par ces formations ? Qu’il s’agisse de formations courtes ou longues, le centre de formation s’adresse à tous : entrepreneurs souhaitant accompagner la transition numérique de leur entreprise, salariés désireux d’acquérir de nouvelles compétences, étudiants et demandeurs d’emploi cherchant une formation aux métiers de demain.
Fidèles à leur volonté de bousculer les codes, les deux entrepreneurs privilégient un management atypique, collaboratif plutôt que hiérarchique. L’échange constant avec leurs collaborateurs leur permet d’identifier les préoccupations des équipes, tout en jouant un rôle fédérateur, chacun se sentant pleinement impliqué dans les projets. « L’intelligence collective est bien meilleure que l’intelligence individuelle. » Leur ambition est de redonner du sens à l’entreprise : un sens basé sur des valeurs de partage, de mixité, d’égalité des chances.

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