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Portrait en noir et blanc de Michel d'Ornano, assis à son bureau. Michel d'Ornano en compagnie de sa femme, de Raymond Barre et d'autres personnalités.

Hommage à Michel d'Ornano, disparu il y a 30 ans

Vendredi 8 mars 1991, disparaissait brutalement Michel d’Ornano dans un accident de la circulation à Saint-Cloud, près de Paris. Celui qui était alors le premier président du conseil général du Calvados issu de la décentralisation, était âgé de 66 ans. 30 ans après sa mort, il laisse le souvenir d’un homme disponible et chaleureux qui initia la construction du Calvados d’aujourd’hui.

lundi 08 mars 2021
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Le Département du Calvados, à travers la voix de son président, Jean-Léonce Dupont, de ses élus et de ses collaborateurs de l’époque comme d’aujourd’hui, lui rend hommage et se souvient :

Michel d’Ornano n’était pas seulement le brillant industriel, l’homme d’État plusieurs fois ministre, l’élu normand à qui l’on doit tous les grands équipements qui ont construit notre région moderne, il était avant tout un homme libre, un homme de cœur, de conviction, de fidélité, d’exigence et de rigueur. Tous ceux qui chérissent la Normandie auront pour lui une pensée en cette triste date anniversaire. »

Emission spéciale dédiée à Michel d'Ornano

Dimanche 7 mars, France 3 Normandie Caen a diffusé une émission spéciale présentée par Franck Besnier, avec la présence exceptionnelle d’Anne d’Ornano, présidente d’honneur du Conseil départemental du Calvados, et de Philippe Augier, maire de Deauville, ainsi que les témoignages de nombreuses personnalités, parmi lesquels celui de Jean-Léonce Dupont, actuel président du Département du Calvados :

Biographie de Michel d'Ornano

C’est à Paris, où il naît le 12 juillet 1924, que l’histoire de Michel d’Ornano débute. D’origine corse par son père et polonaise par sa mère, c’est dans le Calvados, à Deauville, lieu de villégiature de sa famille, qu’il choisira pourtant de s’enraciner.

Ministre de 1976 à 1981

Co-fondateur avec son père et son frère des parfums Jean d’Albret et des cosmétiques Orlane, le jeune industriel entre en politique, presque par hasard, en devenant maire de Deauville en 1962 puis député du Calvados en 1967. Ce n’est alors que le début de la carrière de l’homme politique qui voit en Valéry Giscard d’Estaing, dont il est l’ami fidèle, un exemple d’intelligence politique. C’est sous sa présidence qu’il accède au poste de ministre de l'Industrie et de la Recherche en 1976, puis de la Culture et de l'Environnement en 1977 et de l'Environnement et du Cadre de vie de 1978 à 1981. L’occasion pour lui de participer à l’édification du programme électronucléaire français.

Une action politique au service du territoire

Quand il abandonne son poste de maire à la ville de Deauville pour se présenter aux municipales de Paris en 1977, c’est son épouse Anne d'Ornano qu’il choisit pour lui succéder. Il n’en reste pas moins profondément lié au Calvados où il devient le président du Conseil Général en 1979 et plus largement à la Normandie où il est élu président du Conseil Régional entre 1983 et 1986. Durant ses nombreuses années de mandat, celui que l’on surnomme le « Duc de Normandie » met son action politique au service du territoire en faisant sortir de terre de nombreux projets déterminant pour son avenir tels que le Ganil à Caen, le turbotrain entre Paris et Cherbourg, l’autoroute de Normandie…

Un décès brutal

Très attaché à la Pologne de par ses origines, il s’engage pour y développer les médias et notamment la presse en tant que vice-président de la Socpresse (Groupe Hersant-Le Figaro). Le 8 mars 1991, à Saint-Cloud, alors qu’il sort d’un rendez-vous, il décède brutalement après avoir été renversé par un camion de livraison. Il a alors 66 ans et laisse derrière lui le souvenir d’un homme droit, fidèle et pugnace, toujours proche de ses concitoyens mais aussi une figure politique emblématique du Calvados. L’investissement de la famille d’Ornano se poursuit dans le Calvados avec l’engagement politique de son épouse Anne d’Ornano qui est élue présidente du conseil général du Calvados, dès 1991, fonction qu’elle occupera jusqu’en 2011. Aujourd’hui, de nombreuses réalisations, rues, avenues, parcs ou encore complexes sportifs du Calvados portent le nom de Michel d’Ornano, à l’instar du Stade de football Michel d’Ornano à Caen.

La carrière de Michel d’Ornano en quelques dates

1962 – 1977 Maire de Deauville
1967 – 1991   Député du Calvados
1967 Président du Comité d'Expansion Économique de Basse-Normandie
1973 Président du Groupe Parlementaire des Républicains Indépendants à l'Assemblée Nationale
Secrétaire général de la Fédération Nationale des Républicains Indépendants
1974 et 1983 - 1986 Président du conseil régional de Basse-Normandie
1974 – 1976 Ministre de l'Industrie et de la Recherche (Cabinet Chirac)
1976 – 1991 Conseiller général du Calvados, canton de Trouville-sur-Mer
1976 – 1977 Ministre de l'Industrie et de la Recherche (1er Cabinet Barre)
1977 – 1978 Ministre de la Culture et de l'Environnement (2e Cabinet Barre)
1978 – 1981 Ministre de l'Environnement et du Cadre de vie (3e Cabinet Barre)
1978 – 1983 Président de l'UDF du Calvados
1979 – 1991 Président du conseil général du Calvados
1984 Élu Président du Comité régional de l’UDF
Élu Président de la Fédération du Calvados du Parti Républicain
1986 – 1988 Élu président de la Commission des Finances, de l'Économie Générale et du Plan de l'Assemblée nationale

Les grandes réalisations de Michel d’Ornano

  • Le Ganil à Caen
  • La passerelle de car-ferry à Ouistreham
  • Le Turbotrain entre Paris, Caen et Cherbourg
  • L’autoroute A13 jusqu’à Deauville et Caen
  • Le Pont de Normandie
  • Port Guillaume à Dives-sur-Mer
  • La restauration du château de Bénouville et de l’Abbaye aux Dames à Caen
  • La mise en place du programme de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine architectural non-classé du Calvados
  • La loi littoral…

Réactions de responsables politiques nationaux et locaux au moment de sa mort :

Valéry Giscard d’Estaing :

Un grand malheur pour la France. »

Il donnait l’exemple d’un homme public disponible, compétent et scrupuleusement honnête. Il travaillait sans relâche et sans accepter la fatigue au développement des collectivités qui lui avaient fait confiance : Deauville, le Calvados et la Basse-Normandie. Il était de ceux sur qui notre pays pouvait compter pour l’aider, si cela devenait nécessaire, à faire face à ses difficultés. À l’extérieur et notamment en Pologne où il se rendait souvent, il représentait la France comme elle méritait de l’être : avec simplicité, chaleur et dignité. »

Tous ceux qui l’ont connu ne se consoleront pas de sa disparition. »

Jacques Chirac :

Je n’oublierai pas l’aide efficace et intelligente qu’il a apportée à la politique de mon dernier gouvernement comme président de la commission des finances à l’Assemblée. »

Raymond Barre :

La disparition de Michel d’Ornano appauvrira profondément la vie politique de la France. Pendant cinq ans, j’ai apprécié le ministre compétent, précis, efficace qu’il a été à mes côtés dans le gouvernement. C’était un homme de conviction, de fidélité, de courage. »

Michel Rocard :

Michel Rocard a rendu hommage à l’homme « qui savait allier fidélité à ses engagements et ouverture d’esprit » :

J’ai toujours apprécié, au-delà de ce qui nous séparait, son sens de la modération et du dialogue. »

Laurent Fabius :

J’appréciais la fidélité que Michel d’Ornano manifestait à ses idées et à ceux qui les incarnaient. Ici, sa grande affabilité, sa longue carrière parlementaire, les responsabilités ministérielles et politiques qui avaient été les siennes en faisaient un des membres les plus écoutés de la représentation nationale. »

Roland Dumas :

Je suis bouleversé par la mort de Michel d’Ornano. »

Alain Juppé :

C’est une grande perte pour l’opposition. Cet homme droit aurait pu jouer un grand rôle. »

Jack Lang :

Nous perdons un homme remarquable qui avait consacré toute sa vie et son talent à la cité. »

François Léotard :

C’est l’une des personnalités qui a le plus marqué l’histoire de la famille libérale.  Il a été pendant toute sa vie publique l’homme d’une rigueur, d’une fidélité à proprement parler exemplaire. Je perds pour ma part un ami dont rien ne pourra effacer le souvenir. »

Gérard Longuet :

Gérard Longuet a salué « la droiture de son caractère, la force de ses convictions et sa fidélité dans ses amitiés ».

Louis Mexandeau :

Je suis sous le choc de cette nouvelle stupéfiante qui me touche profondément. »

Nous nous sommes souvent affrontés, mais nous avions appris à nous estimer, puis à conjuguer nos efforts et additionner nos expériences ministérielles pour pousser les dossiers du Département et de la Région. »

Jean-Marie Girault :

On s’est rapproché, il m’a guidé puis on ne s’est plus quitté. On a eu parfois des analyses politiques différentes, mais toujours des relations affectueuses. »

René Garrec :

Homme de fidélité et de devoir, mais aussi homme de culture et de progrès, Michel d’Ornano laisse derrière lui des réalisations innombrables dont se souviendront longtemps tous les Bas-Normands et tous les Français. Quant à moi, par ce brutal et injuste accident, c’est un ami de plus de trente années et aussi un modèle que je perds. »

Alain Lambert :

C’est lui qui m’a poussé à m’engager dans la vie publique et, sans exception, il n’a jamais cessé de m’encourager, me conseiller et me guider. C’est une perte sur tous les plans, politique, et économique en raison de l’influence même qu’il avait sur les décisions engageant l’avenir de notre région. »

Jean-Yves Cousin :

C’était un homme qui était à l’écoute de ses concitoyens et qui a beaucoup fait pour le développement de nombreux dossiers (…) Michel d’Ornano a beaucoup œuvré pour le Département. Personnellement je suis très affecté par sa disparition. »

Yvette Roudy :

Nous avions encore besoin de lui (…) Au-delà des divergences politiques, j’ai pu apprécier ses qualités d’écoute sur des dossiers, sa courtoisie, et sa rigueur. Au-delà du Département, c’est une perte pour la classe politique française. »

Olivier Stirn :

C’était un homme de décision, de caractère sur qui on pouvait compter. Son décès est une perte pour le pays et la Normandie. »

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