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Le chef syrien Abdulaziz Almohamad, sa femme, Alain Anezo,chef de cuisine du collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin, et son équipe.

Abdulaziz Almohamad : « La première chose importante pour nous, c’est la sécurité »

Abdulaziz Almohamad est réfugié Syrien. Jeudi 5 octobre, dans le cadre du Refugee Food Festival organisé par le Département en partenariat avec le HCR et l’association Food Sweet Food, il a fait découvrir sa cuisine aux collégiens de Port-en-Bessin-Huppain. Rencontre.

jeudi 05 octobre 2017
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Quand êtes-vous arrivé en France ?

Cela fait deux ans et demi. Le 11 février 2015. Avant, on était en Jordanie avec ma femme, pendant trois ans, mais la vie était très difficile là-bas. Je tiens vraiment à remercier le gouvernement de France, parce qu’il protège mes cinq enfants. Ils peuvent étudier, se soigner, on est logés… Mais la première chose, très importante pour nous, c’est la sécurité.

Quel message souhaitez-vous transmettre aujourd’hui ?

Si je peux, j’ai un message pour les terroristes. Qu’ils arrêtent de tuer en France. Nous sommes en France pour la sécurité, pas pour les meurtres. On quitte la guerre et on retrouve une autre forme de guerre. Nous avons été très touchés par ce qui s’est passé à Marseille avant-hier, ce n’est pas bien, comme ce n’est pas bien ce qui s’est passé au Bataclan, toutes les morts dans le monde. On doit arrêter les meurtres. Mon message, c’est, si tu n’aimes pas la France, tu peux retourner dans ton pays. 

Quel était votre métier en Syrie ?

J’étais taxi, mais j’ai toujours cuisiné pour la famille. Ma femme est coiffeuse, elle, cuisine plutôt de la nourriture orientale, alors que moi je peux cuisiner toutes les cuisines du Golfe : du Yémen, de Serbie, du Koweit, de Jordanie… Après avoir quitté la Syrie, j’ai travaillé pendant trois ans comme chef de cuisine en Jordanie, à Irbid, dans un restaurant qui servait 200 couverts par jour.

Comment s’est passée cette cuisine à deux, aujourd’hui ?

Très bien. C’était très très bien. Alain, le chef de cuisine et Manu, son second, étaient très gentils. Je connaissais déjà la cantine scolaire pour avoir fait un stage, ce n’était pas une surprise, ils avaient le même équipement. Ce qui change, c’est l’aide. Ici, c’est normal d’aider, de participer. Dans un restaurant oriental, le chef donne des ordres. Ici, tout le monde travaille. J’ai également été très content de la surprise, pour la musique ! C’était un beau cadeau. (N.D.L.R : avec la complicité du collège, le HCR a récupéré une musique qu’affectionne Abdulaziz pour la mettre à la place de la sonnerie du collège à chaque intercours).

Quels sont vos projets ?

Je cherche du travail, dans la restauration. La semaine dernière, j’ai déposé des Cvs à Coutances et j'ai passé un entretien dans un restaurant. J’ai déjà eu des expériences dans une école de la Manche. J’ai également fait un stage en 2017 dans un restaurant inter-administratif. Et en septembre, j’ai suivi une formation en hygiène alimentaire. Maintenant, je cherche une place.

Image d'en-tête : Le chef syrien Abdulaziz Almohamad, sa femme, accompagnés d'Alain Anezo, chef de cuisine du collège Ernest Hemingway de Port-en-Bessin, et de son équipe. / © F. Clolus

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