Coup de cœur So14 !

Thibault Guilmin

Thibault Guilmin / © emmanuel blivet

C’est une belle épopée qui a permis à Thibault Guilmin d’exercer le métier rare de facteur de clavecins. Mélomane et pianiste depuis son enfance, il commence par s’orienter vers un BTS Génie des équipements agricoles, mû par le goût de concevoir des véhicules sur mesure. « La musique me manquait, j’ai ressenti le besoin de revenir à ma première passion. Je me suis inscrit au conservatoire, avec deux instruments, l’orgue et l’euphonium, ainsi qu’en musicologie à l’Université. » 

Après 5 ans de conservatoire, fort de son bagage académique pluridisciplinaire, il s’oriente vers un Brevet des Métiers d’Art en facture de piano. « J’étais attiré par la facture instrumentale, qui allie la technique, la réflexion et la précision manuelle. On m’a alors proposé de réaliser mon apprentissage chez Claude Mercier-Ythier à Paris, le premier facteur à s’être spécialisé dans le clavecin depuis Louis XVI, une légende. Je suis allé visiter l’atelier et j’ai été conquis. »

La relation bienveillante qui s’installe entre le maître et l’élève conforte Thibault Guilmin dans son choix. « La route a été longue, mais maintenant elle me paraît évidente. Je ne me verrais pas faire autre chose. » Il fait désormais partie de la petite famille des facteurs de clavecins, qui compte à peine 30 membres en France, alors que l’attrait pour les instruments anciens ne cesse de croître.
Il y a un peu plus d’un an, il ouvre la Maison Guilmin à Morteaux-Coulibœuf. Très sollicité pour la restauration et réparation de clavecins, il intervient également auprès de salles de concert, de festivals et de conservatoires pour l'accord et l'harmonisation des instruments. Son prochain projet ? Réveiller l’envie de création qui ne l’a jamais quitté pour concevoir son propre prototype de clavecin à mécanique suspendue. Il construit à cet effet un atelier de taille respectable, où il aura également suffisamment de place pour se lancer dans la copie de clavecins anciens.