Coup de cœur So14 !

Christian Sébire & Pascale Crochemore

Pascale Crochemore et Christian Sebire / © Studio 911

Christian Sébire, le fondateur du projet Ornavik, explique en préambule que ce pari un peu fou est parti d’un constat évident : « malgré la fascination qu’ils exercent toujours, nos ancêtres les Vikings sont peu représentés dans le patrimoine culturel et touristique normand. » L’idée de créer une expérience immersive dans un parc médiéval, avec l’objectif de raconter la fabuleuse histoire de la naissance de la Normandie, séduit élus locaux et partenaires. Le 11e centenaire de la Normandie approchant, le projet se met en route sur le domaine de Beauregard, à Hérouville-Saint-Clair, porté par l’association Les Vikings An 911.
 « Pour que cela fonctionne, il nous fallait l’adhésion des Normands », ajoute Christian Sébire. Pari tenu : en 2011, pour sa première saison, Ornavik accueille 5 000 visiteurs au sein d’un espace viking constitué de cinq tentes. Isolé des routes et du bruit par d’immenses talus plantés d’arbres et fermé par d’imposants portails, le parc est le fruit du travail de bénévoles, guidés par un conseil scientifique et accompagnés par des artisans locaux. « On ne s’improvise pas tailleur de pierre ou chaumier », poursuit Pascale Crochemore, directrice et bénévole de la première heure. « Conquis par le défi technique, certains artisans revenaient bénévolement le week-end pour transmettre leur savoir-faire. »
Au fil des ans, le parc s’étoffe. Après avoir bâti fermes et maisons, les bénévoles s’attèlent à des constructions toujours plus ambitieuses dont une église dans le village carolingien et, côté viking, un hangar à bateaux qui accueillera bientôt un drakkar.

Pascale Crochemore, devenue salariée après 10 années de bénévolat, coordonne cette force vive. « Plus de 100 bénévoles travaillent sur le projet, sans parler des partenariats avec des écoles, des services civiques et des jeunes en réinsertion qui interviennent sur le chantier. La cohésion du groupe repose sur la place donnée à chacun. » Ces hommes et ces femmes, de tout âge et de tout milieu, s’investissent toute l’année. Pendant les jours d’ouverture au public, de plus en plus fréquents, ce sont eux qui animent le site, forts de leurs savoir-faire et de leur attachement à cet art de vivre viking.
 « Cette aventure est portée par les bénévoles mais également les élus locaux, les équipes du Département, avec son service archéologie, les mécènes et les partenaires. Grâce à cette force collective, Ornavik se dotera très prochainement du premier centre d’interprétation viking d’Europe. »