Un élevage biologique de vaches laitières à Beaufour-Druval en Normandie. / Crédit : Greg Wait

Le Département au plus près des agriculteurs

Le 19 juin 2017, le Département a voté sa nouvelle politique agricole, avec pour objectif la mise en place de dispositifs simples et réactifs, au plus près des besoins des exploitations du Calvados.

Le contexte

Le Département a toujours été attentif à l’activité agricole qui contribue pleinement au développement économique et à l’aménagement de son territoire et participe à sa notoriété, au-delà de ses frontières. Malgré son dynamisme, ce secteur a été fragilisé par l’augmentation des charges et les dernières années de crise subies, en particulier s’agissant des éleveurs.

Face à ce constat, le Département entend poursuivre son action et accompagner les agriculteurs sur le plan social et sanitaire, tout en favorisant une agriculture locale et de qualité.

Il a ainsi décidé à la suite des négociations menées l’année dernière dans le cadre du G6 entre les Départements et la Région Normandie :

  • d’accompagner les investissements inférieurs à 10 000 € dans les exploitations ;
  • de veiller à une bonne santé animale, notamment par une prise en charge d’une partie des frais d’analyses de prophylaxies et de lutte contre les nuisibles ;
  • d’accompagner les agriculteurs en difficultés ;
  • de soutenir le remplacement des éleveurs ;
  • d’inciter la valorisation locale des produits agricoles ;
  • de développer l’approvisionnement local de la restauration collective ;
  • de promouvoir l’identité agricole du Calvados et ses produits ;
  • de poursuivre sa politique en matière d’aménagement foncier.

Le Département du Calvados consacre, chaque année, 2,7 M€ à sa politique agricole.

Chiffres-clés

6 200
exploitations agricoles
12 800
actifs
380 200
hectares de surface agricole
8 276
personnes enmployées dans le secteur agroalimentaire

Trois axes prioritaires :

1. Contribuer à la qualité sanitaire des élevages

Avec plus d’une exploitation sur deux dans le Calvados, les élevages représentent une part importante de l’activité agricole. Élevages bovins, équins, porcins, ovins, caprins, mais aussi avicoles, cunicoles et apicoles sont présents sur le territoire avec une dominante pour l’élevage bovin.

Repères
- 200 000 analyses sanitaires de santé animale financées par an 
- 600 millions de litres de lait livrés par an

Une bonne santé animale offre une meilleure rentabilité aux exploitations. Le Département souhaite aider les éleveurs à améliorer l’état sanitaire de leurs exploitations notamment en finançant des analyses de prophylaxie animale (réalisées par Labéo pour le compte du Groupement de Défense Sanitaire du Calvados) et, en participant à la lutte contre les nuisibles (par exemple pour lutter contre le frelon asiatique).

Quelles interventions ?

De façon directe :

  • Par la prise en charge d’une partie des frais d’analyse de prophylaxie des exploitations agricoles à travers des conventions partenariales ;
  • En investissant dans du matériel sanitaire (niche à veau, taxilait…).

De façon indirecte :

  • Par le financement de partenariats pour la mise en place d’actions et d’animations sur le sanitaire ;
  • Par le financement d’expérimentations (ex : Excellence laitière).

2. Accompagner les agriculteurs dans leur quotidien

L’augmentation des charges et de faibles rémunérations ont accru l’endettement des exploitations conduisant certaines dans des situations particulièrement difficiles sur les plans économique et humain. Par ailleurs, la pénibilité de certaines tâches rend les conditions de travail difficiles, particulièrement s’agissant de l’élevage.

Repères

- 600 remplacements d'éleveurs financés par an 

- Près de 400 agriculteurs aidés pour investir dans leur exploitation en 2019

L’objectif est d’offrir un accompagnement adapté aux exploitations rencontrant des difficultés, de soulager la pénibilité de certaines tâches et de donner aux agriculteurs des outils pour les accompagner dans leurs décisions.

Quelles interventions ?

De façon directe, aider financièrement les exploitations pour :

  • Le remplacement des éleveurs durant leurs congés et week-ends ;
  • En investissant dans du matériel permettant de faciliter les tâches les plus pénibles (contention, cage de manipulation) et outils d’aide à la décision (outils électroniques, herbomètre…).

De façon indirecte :

  • En accompagnant les exploitations en situation difficile à travers des structures d’accompagnement (ex : Agridif…).

3. Valoriser l’agriculture locale et ses circuits courts

Repères

-    14 AOP/AOC normandes dont 8 dans le Calvados
-   Près de 500 exploitations agricoles bio dans le Calvados dont 130 en circuits courts 

Le Département entend promouvoir son identité agricole et renforcer l’attractivité de son territoire tout en offrant de nouveaux débouchés et une rémunération plus juste aux agriculteurs.

Quelles interventions ?

De façon directe, aider financièrement les exploitations pour :

  • Investir dans du matériel en lien avec les circuits courts (matériel de transformation des produits, serre…).

De façon indirecte :

  • Financer et mener des animations et des actions partenariales concernant les circuits courts et l’approvisionnement local, et de promotion de l’agriculture calvadosienne et de ses produits (financement des outils de communication des exploitations agricoles pour promouvoir leur production locale…).
  • Faire connaître l’agriculture calvadosienne et ses produits (ex : présence au Salon International de l’Agriculture, aide au transport des élèves pour des visites à la ferme, soutien aux manifestations…).

Développer les circuits courts dans la restauration collective

Le Département du Calvados œuvre activement depuis 2014 pour développer l’approvisionnement local auprès des restaurations collectives publiques et depuis 2016 auprès des acheteurs privés. Cette politique se traduit par une démarche d’animation, d’organisation de rendez-vous d’affaires entre professionnels, de visites d’exploitation et d’un accompagnement individuel des acheteurs et des producteurs volontaires pour s’engager dans cette démarche, en partenariat avec la Chambre d’Agriculture du Calvados et l’association Bio en Normandie (BeN).

Des actions plus spécifiques pour les chefs de cuisine des ont été mises en place :

  • La formation sur la viande bovine réalisée par l’Institut de l’Élevage et subventionnée par Interbev depuis 2017 ;
  • La formation à l’introduction de produits biologiques, en partenariat avec BeN, subventionné par la DRAAF Normandie dans le cadre de l’Appel à projet Programme national de l'alimentation (PNA) 2017, est reconduite depuis tous les ans en approfondissant les compétences acquises d’une année sur l’autre ;
  • La formation au « poisson normand bon plan » afin de faciliter l’utilisation du poisson frais et des espèces locales dans les menus, en partenariat avec Normandie Fraîcheur Mer (NFM).

Le Département accompagne également les collectivités territoriales, qui :

  • se lancent dans un Projet Alimentaire Territorial (PAT) en abondant la subvention obtenue pour les projets retenus à l’appel à projet PNA de la DRAAF ;
  • engagent une réflexion sur l’évolution de leur restauration (reprendre en régie la restauration scolaire, réfléchir sur une cuisine mutualisée, etc.).

Pour tous renseignements, contactez le  02 31 57 14 63 ou écrire à berengere.glorie@calvados.fr

Pour en savoir plus, consultez l'aide dédiée :

Aide à l'accompagnement des collectivités pour les projets d'approvisionnement local et la valorisation des circuits courts

Les producteurs agricoles pour la restauration collective - Carte interactive :

Étude sur l’opportunité de la mise en place d’une légumerie départementale implantée dans le Pays d’Auge

La loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous du 30 octobre 2018, dite loi « Égalim », oblige les gestionnaires de restauration collective à intégrer, au plus tard le 1er janvier 2022, une part au moins égale en valeur à 50 % de leurs achats en produits de qualité (produits labellisés comme les AOP/IGP) dont une part au moins égale à 20 % de produits « bio ».

Le Calvados a la chance d’avoir une production diversifiée sous signe de qualité, dont « bio », permettant à la fois d’alimenter la restauration collective, de répondre aux objectifs réglementaires et de soutenir l’agriculture locale. Mais les actions menées auprès des collèges par le Département, accompagné des partenaires agricoles pour développer l’approvisionnement local, a permis de mettre en exergue les freins à une telle démarche. Pour ces raisons, le Département a souhaité réfléchir à la mise en place d’une légumerie afin de faciliter l’introduction des produits frais et locaux.

Ainsi, l’étude a porté sur l’évaluation des productions locales pouvant alimenter la légumerie, le potentiel d’achat des établissements d’enseignement, de santé, etc. Ce qui a permis de mettre à jour les nombreux projets en cours ou existants pouvant peut-être répondre aux besoins de la demande locale.

Logo UE FEADER LEADERCette mission a été subventionnée à hauteur de 80 % par le GAL LEADER Pays d’Auge et financé à 20 % par le Département du Calvados.
Vous trouverez l’ensemble des renseignements concernant les fonds européens, sur le site de l’Europe.

Pour tous renseignements sur le projet, contacter le service agricole et foncier : 02 31 57 14 63/ berengere.glorie@calvados.fr

Projet Excellence Laitière en Pays d’Auge

Fort de sept AOP/AOC, dont trois fromagères, le Pays d’Auge valorise depuis longtemps une agriculture de qualité basée sur le triptyque : « lait, viande, pomme ». Ces matières premières agricoles et ces savoir-faire locaux sont une source endogène de développement économique et touristique (fromageries, abattoirs, cidreries) et concourent à l'attractivité du territoire. Mais la crise conjoncturelle et structurelle de l’élevage résonnait fortement dans le Pays d’Auge en 2017. La diminution du nombre de producteurs laitiers, des volumes produits mais surtout de la qualité ont commencé à alerter la production des AOP laitières.
Pour répondre à cet enjeu, le Département du Calvados a souhaité accompagner les éleveurs du Pays d’Auge de manière expérimentale, sur une année, dans l’analyse et le conseil associé pour une évolution de leurs pratiques afin d’améliorer la qualité du lait.

La mission s’est déroulée en deux temps : après une prospection de l’ensemble des éleveurs du territoire du Pays d’Auge, en fonction de leur situation, certains pouvaient prétendre à un contrôle de performance complet (analyse et conseil sur la conduite du troupeau) et d’autres uniquement d’un conseil s’ils étaient déjà engagés sur le suivi des analyses. À la fin de cette expérimentation, 57 % des éleveurs ont amélioré leurs résultats cellules (leucocytes). Les élevages de l’action avaient une moyenne de 70 % de comptages à moins de 300 000 cellules/ml au début de l’action, pour finir à 74 % au bilan.

Logo UE FEADER LEADERCette mission a été subventionnée à hauteur de 80 % par le GAL LEADER Pays d’Auge et financé à 20 % par le Département du Calvados.
Vous trouverez l’ensemble des renseignements concernant les fonds européens, sur le site de l’Europe.

Pour tous renseignements sur le projet, contacter le service agricole et foncier : 02 31 57 14 63/ berengere.glorie@calvados.fr

Sources des chiffres : chambre régionale d’agriculture de Normandie, la chambre départementale d’agriculture du Calvados, le groupement sanitaire départemental du Calvados, la mutualité sociale agricole Côtes normandes, la direction départementale des territoires et de la mer du Calvados et l’association Agrobio Basse-Normandie.

Image d'en-tête : un élevage biologique de vaches laitières à Beaufour-Druval en Normandie. / © Greg Wait