Coup de cœur du Département

Mickaël Aubert, Khadidiatou Ndiaye, Muhammad Sabraoui

Ces trois malvoyants se sont lancé un défi : apprendre à naviguer en un an pour participer à la Norlanda’s Cup 2022, une régate inter-entreprises durant laquelle 28 équipages s’affrontent à bord de voiliers de huit mètres.

Association Vhauy Voile coup de coeur So14 2021 copyright Damien Aubin studio 911

Un équipage de trois malvoyants prendra le départ de la Norlanda’s cup 2022. En écoutant Mickaël Aubert détailler cet incroyable challenge, difficile de déterminer ce qui fascine le plus : leur intention de naviguer seuls sur un voilier de huit mètres dans une régate inter-entreprises, ou leur inexpérience totale ? « Aucun de nous ne sait naviguer. On a un an pour être au point, il y a tout à apprendre : se repérer dans le bateau, comprendre les bases de la navigation, retenir les termes maritimes et techniques, mais aussi nous connaître davantage pour former une équipe soudée », précise Mickaël. À l’initiative de cette première française, il y a l’association Valentin Haüy Caen Calvados, qui articule le projet autour de trois axes. D’abord, le défi sportif, preuve par l’exemple qu’il est possible pour les déficients visuels de pratiquer de nombreux sports.

Ensemble dans le même bateau

Ensuite, l’avancée technologique, en partenariat avec des écoles et sociétés chargées de développer des prototypes adaptés à l’épreuve, qui pourront être utilisés ensuite pour faciliter le quotidien des porteurs de handicap visuel. Le dernier axe porte sur la difficulté de l’accès à l’emploi. En effet, comme le précise le skipper en herbe, « 80 % des malvoyants sont au chômage ». Le projet fédère et fait parler de lui, comme l’explique Mickaël Aubert : « Autour de nous il y a l’AVH bien sûr, le Yacht Club, mais aussi des entreprises et les étudiants du lycée Laplace qui vont réaliser des maquettes pour que l’on ait un plan en 3D du bateau », sans parler de leur entraîneur, qui doit créer une nouvelle pédagogie pour enseigner. « On cherche à convaincre les jeunes de tenter de nouvelles expériences sportives, de prendre confiance. D’ailleurs nous cherchons à former une seconde équipe », ajoute-t-il.

Il fallait un pari un peu fou pour intéresser le grand public, motiver d’autres porteurs de handicap à entreprendre ce qui leur fait envie et surtout, convaincre les recruteurs que nous sommes pleins de ressources ! »