Coup de cœur du Département

Le CLIC du Bessin

Douze aidants ont raconté en cinq ateliers leurs quotidiens, expériences et parcours ainsi que ceux de leurs proches, donnant naissance à une bande dessinée scénarisée et mise en images par l’auteur-illustrateur Jérôme Eho.

Bd Aidans coup de coeur So14 2021 copyright Damien Aubin studio 911

Douze aidants du Calvados ont été sollicités par le collectif de soutien du Bessin-Prébocage, dont fait partie le CLIC, pour partager leurs expériences dans une BD. « À la première réunion, on avait un peu peur », débute Jeannine. À demi-mot, on comprend la difficulté à verbaliser leur quotidien et celui de leurs proches. « Au fur et à mesure des réunions, on s’est rendu compte que nos parcours individuels devenaient une histoire collective », poursuit Catherine. Cinq ateliers leur ont permis de poser leurs moments de vie sur la table. Pour donner matière à la BD, ils se sont mis à écrire, à proposer des croquis, et surtout, ils ont trouvé un soutien précieux : « ça m’a fait sortir de ma bulle », confie Nelly en un joli jeu de mots. Chantal ajoute dans un sourire « on était incapables de dessiner ». C’est donc l’auteur-illustrateur Jérôme Eho, présent à tous les temps d’échanges, qui a scénarisé et dessiné la BD.

Le rôle des aidants version BD

Les membres du petit groupe évoquent leur émotion en découvrant en images leur parcours,  jusqu’alors presque impossible à partager. D’ailleurs, lorsque l’on s’occupe d’un parent, d’un conjoint ou d’un enfant, à quel moment comprend-on que l’on est un aidant ? Tous donnent un élément de réponse : « lorsque l‘on devient impuissant », « que l’on s’oublie soi-même », « que l’on se sacrifie pour l’autre ». Catherine, qui travaillait dans un centre de consultation mémoire bien avant que la maladie ne touche son conjoint, explique : « J’ai vu le rôle des aidants des deux côtés. Je sais que tant qu’on n’y est pas confronté, on peut difficilement comprendre pleinement ce que cela implique. » Solitude, isolement social, difficultés à trouver des solutions… L’entourage, aussi bienveillant soit-il, peine à comprendre ce rôle difficile, tout en culpabilité et promesses si dures à tenir.

Nous n’en avions pas conscience, mais nous avions besoin de transcender toutes les difficultés rencontrées pour en faire quelque chose d’utile. Notre plus belle récompense est de constater l’intérêt de personnes qui ne se sentaient pas concernées auparavant. »