Coup de cœur du Département

Jean Sécheret

Après plusieurs années à New York dans le milieu du cinéma, ce diplômé en Génie industriel a opéré une reconversion totale vers le maraîchage bio-intensif et la permaculture, créant avec son épouse Les jardins de la Thillaye.

Jean Secheret, Jardins Thillaye,  coup de coeur so14 2021 copyright Damin Aubin Studio 911

À 24 ans, un rassurant diplôme en Génie Industriel en poche, Jean Sécheret est parti poursuivre ses rêves de cinéma à New York. Cinq ans plus tard, en quête d’inspiration pour un scénario, il rentre à Paris. Le hasard de la vie le place au cœur d’une discussion familiale sur le devenir de leur immense propriété, située à Saint-Étienne-la-Thillaye. « Plus jeune, j’y ai passé mes étés. Ce domaine, c’était un peu le paradis perdu de la famille, on déplorait les dommages qui avaient été causés à la nature par mon grand-père, influencé par les évolutions des politiques agricoles. Après son décès, personne ne savait vraiment quoi faire de ces quatre maisons d’habitation, de la maison de gardien, du bâtiment agricole et des dizaines d’hectares de terrain. »

De New York aux Jardins de la Thillaye, travelling sur la permaculture

Rattrapé par son esprit cartésien, Jean Sécheret élabore un plan de bataille concret, qui devient rapidement un projet de vie auquel sa femme Joris adhère pleinement. Le parcours de reconversion se dessine, à coup d’études et de diplômes, d’allers-retours Paris-Calvados et de travaux. « La formation dans la ferme biologique du Bec Hellouin a été une révélation : nous allions pratiquer le maraîchage bio-intensif selon les principes de la permaculture. Nous aimions cette approche rationnelle qui privilégie le respect des hommes et de la terre, les interconnexions et la durabilité, pour un système agricole productif sans énergie fossile », explique Jean Sécheret. Les époux Sécheret ont installé dans la propriété leur maison ainsi que deux gîtes, et exploitent 1 000 m² de surface maraîchère. Après quelques saisons, Les Jardins de la Thillaye ont trouvé un équilibre économique entre tourisme vert, visites à la ferme et vente en direct.

Nous sommes heureux de voir qu’il y a un maillage de plus en plus dense de microfermes dans le Calvados. Il y a de la place pour tout le monde et les rendements sont dix fois plus importants que les schémas d’agriculture classiques, de quoi atteindre une résilience alimentaire locale. »