Coup de cœur du Département

Benoit Mauvieux

Pour appuyer son travail sur l’influence du manque de sommeil et des conditions extrêmes sur la performance, cet enseignant chercheur a créé l’ultra-trail de Clécy, mettant à contribution 70 chercheurs, 90 étudiants et 60 coureurs.

Benoît Mauvieux, Trail Clecy, coup de coeur So14 2021 copyright Damien Aubin studio 911

Benoit Mauvieux est enseignant chercheur à l’UFR Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) de l’Université de Caen. « Je suis spécialisé dans l’étude des effets de la privation de sommeil et, plus largement, des conditions extrêmes, sur la performance. » précise-t-il. En découvrant ses sujets d’étude, on comprend vite pourquoi Benoit Mauvieux s’est  intéressé aux ultra-trails, ces courses XXL aux dénivelés vertigineux, qui se courent en plusieurs dizaines d’heures. Sur les épreuves existantes, le chercheur et son équipe se heurtent à des difficultés logistiques : « la différence d’état entre le départ et l’arrivée n’apporte pas assez d’informations et, sur le parcours, la faisabilité scientifique est compliquée. » Les étapes n’ont pas les mêmes caractéristiques de longueur et dénivelé, il faut démultiplier les équipes et le matériel et surtout, « on ne peut pas demander à un coureur de s’arrêter régulièrement ».

Courir pour la science

Ces contraintes l’amènent à imaginer une course dédiée à un protocole pertinent. Clécy et sa base de loisirs s’avèrent un choix stratégique pour regrouper l’ensemble des mesures et des équipes. Le parcours de 154 kilomètres consiste en six passages sur une boucle de 26 kilomètres, dotée de 1 000 mètres de dénivelé positif. « Le départ un 11 novembre nous a offert des conditions climatiques optimales, avec des variations importantes », ajoute Benoit Mauvieux, qui a fédéré autour de son ambitieux projet 70 chercheurs issus de 16 laboratoires français, suisses et québécois, 90 étudiants et 60 coureurs. Les scientifiques ont investigué plus de 40 variables susceptibles de contribuer à la dégradation ou au maintien de la performance, parmi lesquelles la fatigue musculaire, tendineuse ou cardiaque, la privation de sommeil, la température, le profil psychologique et la motivation.

C’est enthousiasmant de voir l’intérêt porté par la communauté scientifique mais aussi par le grand public et les coureurs sur ce premier trail scientifique Clécy-Normandie. Nous avons reçu beaucoup de soutien et écrivons déjà l’édition 2023 ! »