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Agnès Barré-Masurier

Cette artiste licière indépendante maîtrise crayons, pinceaux et métier à tisser. Créatrice autant qu’interprète, elle réalise des tapisseries à partir de ses propres dessins et peintures.

Agnès Barre Masurier So14 2021 copyright Damien Aubin studio 911

La tapisserie, jadis art majeur, s’est faite rare au fil des siècles. Agnès Barré-Masurier compte parmi la dernière dizaine d’artistes licières indépendantes de France. Dès les années 70, elle a développé sa propre technique sur un métier à tisser, s’offrant ainsi une liberté artistique quasi infinie. « Tout est démesuré dans le tissage. L’apprentissage est très long, les métiers sont imposants et lourds, la palette de couleurs nécessite des centaines de pelotes… Jusqu’au temps de réalisation d’une pièce, qui varie de quelques mois à plusieurs années », explique l’artiste. Dessinatrice et peintre, elle pratique l’art de la tapisserie de la même manière qu’elle maîtrise crayons et pinceaux. Une technique monumentale qui est pour elle un medium parmi d’autres pour exprimer sa vision sauvage et onirique du monde.

La tapisserie comme expression artistique

« Le désir de créer ne me quitte jamais, même en rêve, où m’apparaissent parfois les sujets de mes futures réalisations. J’ai la chance d’être à la fois créatrice et interprète. » Agnès Barré-Masurier a en effet la particularité de reproduire en tissage ses propres dessins et peintures, parfois sur des pièces immenses, jusqu’à 6 m² pour ses triptyques. « Il y a une certaine magie dans le processus. Lorsque je tisse, je ne vois que 30 cm de tapisserie ; dérouler l’ouvrage après des mois de travail, cela revêt la puissance d’une naissance. » En 2010, avec l’envie de sortir de sa zone de confort et de son atelier, Agnès Barré-Masurier est partie avec son époux Bernard à la rencontre des derniers liciers et licières de France. De ce périple riche de rencontres, entre hauts lieux de la tapisserie, manufactures et ateliers privés, ils ont tiré une série de documentaires uniques. Le couple multiplie également les occasions d’exposer les œuvres d’Agnès au public.

C’est vital de rencontrer le public, de lui faire connaître cet art. La tapisserie est un support qui est vecteur de douceur et de sérénité. Cela permet au visiteur d’accéder plus facilement à ses émotions, les échanges n’en sont que plus riches. »