Dossier › Histoire / Patrimoine
Patrimoine monumental
Le château de Falaise / © G. Wait
Les périodes médiévales et modernes ont laissé de grands monuments dans le Calvados, tant dans le domaine de l’architecture civile que dans celui de l’architecture religieuse.
Du Moyen Âge à l’âge classique
Les débuts du deuxième millénaire voient s’établir la puissance ducale qui trouvera son apogée après 1066 et la conquête de l’Angleterre par Guillaume Ier le Conquérant. De cette époque datent nombre d’églises, de fondations d’abbayes et d’établissements de châteaux. Les richesses ramenées d’Angleterre permettent le développement d’une architecture romane originale dont on voit la trace dans les châteaux de Caen et de Creully.
Des églises en témoignent également. Certaines sont de véritables chefs-d’œuvre, telles les églises Saint-Etienne, Saint-Nicolas et Sainte-Trinité à Caen ou l’église Notre-Dame de Guibray à Falaise.
Seconde moitié du XIIe siècle
A partir de la seconde moitié du XIIe siècle, l’art gothique s’épanouit dans les demeures royales, comme au château de Falaise, et surtout dans les monuments religieux. Les exemples dans le Calvados en sont à la fois nombreux et de haute qualité : cathédrales de Bayeux et de Lisieux, églises de Norrey, de Langrune, Saint-Jean et Saint-Pierre de Caen ou encore l’abbatiale de Saint-Pierre-sur-Dives.
Parallèlement, l’art militaire des fortifications , élevées tout au long du Moyen Âge, a laissé de très beaux témoignages à Caen, Falaise, Vire ou encore aux châteaux de Creully et Crèvecœur-en-Auge.
La Renaissance
La Renaissance a été moins féconde en matière de réalisations monumentales. Néanmoins, quelques châteaux (Fontaine-Henry, Fontaine-Etoupefour, Saint-Germain-de-Livet), l’ancien couvent des dominicaines de Pont-L’Évêque, ou encore quelques célèbres
demeures du pays d’Auge, tel le manoir du Champ Versant à Bonneboscq, sont de remarquables témoins de cette période.
Les XVIIe et XVIIIe siècles
ont laissé leur empreinte dans un grand nombre d’hôtels particuliers, construits notamment à Caen et à Bayeux, et ont marqué l’édification ou la rénovation de nombreux châteaux.
Certains d’entre eux sont particulièrement intéressants, comme le château de Balleroy, première œuvre de François Mansart, ou le château de Bénouville qui est l’un des rares monuments subsistants de l’architecte visionnaire Claude-Nicolas Ledoux (1736-1806).
Nombre de bâtiments plus modestes réalisés pour la noblesse de province, tel le château de Pontécoulant, ainsi que quelques beaux édifices religieux, datent également de cette période qui oscille entre baroque et classicisme.
C’est ce dernier courant qui l’emporte largement en Normandie, comme le montrent les superbes bâtiments conventuels de l’abbaye-aux-Hommes et de l’abbaye-aux-Dames de Caen, l’église de la Gloriette à Caen et aussi l’étonnante abbatiale Saint-Martin-de Mondaye.
La Modernité
Au XIXe siècle, afin d’asseoir les institutions administratives et judiciaires nouvellement créées, les pouvoirs publics déploient une activité de construction importante, qui permet la réalisation de l’hôtel de la Préfecture à Caen, d’hôtels de ville et de tribunaux dans les petites villes, mais également de halles, de mairies, d’écoles et de nombreux équipements dans les communes rurales.
À partir de 1840 et jusque dans les années 1930 , le développement des bains de mer et des loisirs est à l’origine de la création, sur toute la côte normande, d’un patrimoine bâti varié et d’une grande invention décorative.
Une activité de construction intense au XXe siècle
C’est aujourd’hui que nous découvrons l’intérêt et les caractères des constructions réalisées durant le XXe
siècle. Celui-ci restera marqué par un édifice exceptionnel, la basilique Sainte-Thérèse à Lisieux, édifiée entre 1929 et 1954, mais surtout par la reconstruction, après la Seconde Guerre mondiale, qui fut l’occasion de créer une architecture nouvelle, tant dans les domaines religieux que civil ou domestique.
Ce siècle s’est achevé sur la création d’un ouvrage monumental en tous points remarquable : le pont de Normandie, qui enjambe majestueusement l’estuaire de la Seine en reliant les villes de Honfleur et du Havre.



